| Point hebdomadaire sur les marchés financiers du 27 juillet 2008 |
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 Paris, le 27 juillet 2008Â
 Sur les marchés cette semaine  Cette semaine a apporté de nouvelles confirmations du ralentissement économique, plus particulièrement en Europe. Celui-ci est désormais visible dans les chiffres de commandes industrielles, de demande et de commerce extérieur européens. Le climat des affaires s'est détérioré dans tous les secteurs d'activité, l'indice global atteignant désormais la zone de ralentissement global (47,8 en juillet pour un point neutre à 50). Un des pays les plus atteints est l'Espagne qui connaît désormais une crise immobilière et une remontée de son taux de chômage. La situation reste également préoccupante aux Etats-Unis, comme l'a souligné le livre beige. Sur les 12 réserves fédérales interrogées, 11 ont dépeint une activité morose, en ralentissement par rapport au mois précédent. La nouvelle dégradation du climat des affaires de Philadelphie et des ventes de maisons en est une illustration. Les autorités américaines poursuivent leur travail de sauvetage des agences de crédit hypothécaire avec un projet devant être voté par le Congrès. Une ligne de crédit supplémentaire ou une participation de l'Etat à leur capital est désormais envisagée. Le CBO (Congressional Budget Office) estime le coût de ce sauvetage à près de 25 milliards de dollars.   EUROPE Le repli des cours des matières premières, qui s'est accompagné d'une forte baisse des titres du secteur, a permis aux marchés européens de poursuivre leur rebond. Le secteur bancaire a notamment enregistré une hausse de 25% par rapport à son dernier point bas. La volatilité est restée forte sur de nombreux titres et les publications ont souvent été l'occasion pour les entreprises d'ajuster à la baisse leurs perspectives bénéficiaires pour le second semestre : moindre demande et pressions sur les prix pour le sidérurgiste finlandais Outokumpu (cours en recul de 23%), chiffre d'affaires en baisse pour Vodafone en Espagne (-14%), incapacité à répercuter les hausses de coûts pour Daimler (-10%). Le résultat de l'augmentation de capital de la banque britannique HBOS a, par ailleurs, démontré la défiance des investisseurs pour le secteur puisque seulement 8% des actions nouvelles ont été placées par les établissements chefs de file. Du point de vue des opérations financières, on notera l'offre de 41 milliards de dollars du laboratoire suisse Roche pour racheter les intérêts minoritaires de sa filiale américaine de biotechnologie Genentech.  US Les indices américains ont finalement retrouvé, jeudi soir, leur cours de clôture de vendredi dernier après avoir fortement rebondi en milieu de semaine, dans un contexte de chiffres macroéconomiques décevants (emploi et ventes de logements existants). Les financières sont en hausse de +1,5% sur cinq séances, tirées notamment par la publication de Bank of America de résultats supérieurs aux attentes et d'un produit net bancaire record, et de Wachovia qui rassure les investisseurs en annonçant qu'il n'y aura pas de nouvelle augmentation de capital. En revanche, les secteurs des services publics et de l'énergie affichent une baisse de respectivement -1% et -2,3% dans un environnement de repli du pétrole et du gaz naturel (respectivement -13% et -30% depuis le début du mois de juillet). La plus forte baisse de la semaine revient aux valeurs technologiques (-2,7% sur cinq séances) suite aux résultats décevants de Texas Instruments, Sandisk, Unisys et MEMC. Â
FRANCE Les premières publications de résultats commencent à impacter significativement l'activité des groupes jusque-là épargnés par la crise immobilière et financière : les révisions d'objectif de croissance se généralisent dans les secteurs industriels (Saint-Gobain) et dans l'automobile mais également dans des secteurs réputés plus défensifs comme pour Pagesjaunes, contraint de recadrer sa prévision de croissance pour 2008 de 3 à 4% contre 5% prévus… Face à cet environnement adverse, les groupes industriels accentuent les plans de restructuration : Renault envisage de réduire les coûts de 10% en taillant dans les effectifs, Saint-Gobain accélère son programme de réduction des coûts aux Etats-Unis et en Europe… Boursièrement, la bonne publication de Peugeot, soutenue notamment par un programme de restructuration bien anticipé, est néanmoins emportée par le flot de mauvaises nouvelles de son secteur (abandon de l'objectif de 3,3 millions de véhicules par Renault, avertissements sur les résultats de Daimler et de Ford). Il faut cependant noter que des titres arrivent à résister sur leurs publications (PPR, Saint-Gobain), ce qui témoigne que certaines valorisations ont intégré parfois à l'excès beaucoup de mauvaises nouvelles.  ASIE Les marchés asiatiques ont poursuivi leur remontée cette semaine (+6,5%), accompagnés par la stabilisation des prix du pétrole. Tout comme Taïwan et la Corée, le marché indien en a été, comme anticipé, l'un des premiers bénéficiaires. L'inflation indienne s'est par ailleurs stabilisée plus tôt que prévu par les économistes à 11,9%. Si la tendance venait à se confirmer, le ralentissement de l'inflation devrait non seulement avoir lieu plus tôt, mais aussi plus rapidement qu'anticipé, ce à quoi nous sommes préparés. Le ralentissement de l'inflation n'a pourtant pas affecté le secteur des télécommunications, comme le montre les bons résultats de l'opérateur Bharti Airtel, dont la hausse mensuelle du nombre de nouveaux abonnés est en accélération, avec +2,6 millions d'abonnés en juin. Les publications des chiffres mensuels d'exportations de Hong Kong confirment par ailleurs le ralentissement des échanges dans la région, plus particulièrement en direction de la Chine continentale, ce qui a soutenu la baisse de l'inflation chinoise. S'il devait se poursuivre, ce ralentissement et la stabilisation des prix de l'énergie entamés la semaine dernière devraient donner plus de flexibilité aux autorités chinoises pour soutenir la consommation domestique ; en témoigne la proposition du NPC à une plus grande exonération fiscale pour les revenus les plus bas (hausse du seuil minimal salarial) et une réduction de la taxe sur les intérêts générés par les comptes d'épargne. L'impact de cette mesure, si elle devait être appliquée, devrait toucher 20% de la population active.  CHINE Les valeurs chinoises de Shanghai et de Hong Kong se sont bien reprises cette semaine (+5%). Liu Mingkang, Président de la Commission bancaire chinoise (CRBC), a annoncé que les banques soutiendraient les promoteurs immobiliers, ce qui est en ligne avec le volontarisme de la part du gouvernement chinois quant à la croissance économique. Aussi, si nous estimons que le pays est en train de ralentir (moindres exportations, rationnement de matières premières, notamment de charbon), nous ne devrions pas assister à une chute de l'activité après les JO, comme c'est souvent évoqué dans les médias en ce moment. Dans ce contexte, il convient toujours d'être très prudents en ce qui concerne les marges des entreprises, mais nous pourrions avoir de bonnes nouvelles au cours du second semestre, surtout si le pétrole continue de baisser.  INDE Malgré quelques prises de profits sur les 2 dernières séances, le marché indien progresse de 5% cette semaine en raison d'un flux de bonnes nouvelles : - Le gouvernement indien a obtenu la confiance du Parlement, ce qui va lui donner une plus grande latitude pour conduire les réformes, notamment dans les secteurs bancaire et de l'assurance, où les étrangers vont pouvoir monter au capital. L'Etat devrait également pouvoir céder une partie de ses participations pour financer les déficits publics. - La baisse du prix du baril, ce qui modère le déficit commercial (à chaque Dollar d'augmentation du prix du baril, le déficit commercial de l'Inde augmente de 700 millions de Dollars). - Une stabilisation surprise de l'inflation, à 11,89% (vs 11,91% la semaine dernière) malgré un effet de base défavorable - Et surtout, des résultats, dans l'ensemble, plutôt bons, sans mauvaise surprise à ce jour. La pérennité de ce rebond va dépendre en grande partie de l'évolution du cours du brut. Cependant, la bonne qualité des résultats des sociétés constitue un bon support à ce mini rebond. Un optimisme raisonnable domine quant aux performances du marché indien sur les 12 prochains mois.  BRESIL La baisse du prix du pétrole et d'autres matières premières a poussé les principaux titres de la cote brésilienne à la baisse. En revanche, les compagnies aériennes, la pétrochimie et les constructeurs immobiliers tirent leur épingle du jeu. Bien que la pression inflationniste semble se relâcher, la Banque Centrale nous a surpris en augmentant les taux d'intérêt de 75 bps (au-delà des attentes du marché). Néanmoins, nous pensons que le marché exagère le risque inflationniste. La courbe des taux indique que les taux devraient se maintenir au niveau élevé de 15% d'ici décembre 2012, ce qui nous semble trop pessimiste. Les analystes prévoient ainsi plutôt que les taux d'intérêt vont décroître en 2009. Le cycle de resserrement monétaire devrait être plus court que prévu.  JAPON A l'instar des grands marchés mondiaux, la bourse japonaise est remontée au cours de la dernière semaine, même si cette reprise reste timide. Les entreprises japonaises commencent à annoncer leurs résultats du 1er trimestre fiscal (2e trimestre calendaire). Ceux-ci restent mitigés. Canon vient par exemple d'annoncer une baisse de 13% de son profit (faiblesse du dollar/yen). En revanche, Fanuc (fabricant de commandes numériques et de robots) voit son profit du 1er trimestre monter de 10%. Au niveau macroéconomique, on saluera le chiffre de l'inflation : +1,9% en juin. Celle-ci continue de monter et nous attendons un chiffre au-delà des 2% d'ici la fin de l'année. A contrario, les chiffres du commerce extérieur sont décevants au 1er semestre (baisse de 42% de l'excédent commercial) et le gouvernement nippon abaisse ses prévisions de croissance à +1,3% pour 2008.  ALLOCATION D'ACTIFS Après le rebond observé depuis 10 jours, il convient d'être d'autant plus prudent. Pour les actifs sous gestion: pas de modification de conseils par rapport aux semaines passées... Pour les capitaux entrants ou arbitrages demandés, nous vous conseillerons d'attendre une nouvelle baisse prononcée des marchés pour profiter d'entrer sur certains produits structurés, particulièrement attractifs en période de crise. N'oublions pas en effet que la plus-value se calcule d'abord par rapport... au prix d'achat. Très cordialement, Jean-Daniel Jacquis |





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