FRANCE
La semaine a été marquée par la suite des publications de résultats, avec une actualité chargée et contrastée dans le secteur des Banques & Assurances. Société Générale puis BNP Paribas ont fait preuve de transparence et ont délivré un message rassurant sur leurs activités de banque de détail (léger essoufflement de la dynamique commerciale en France compensé par des relais de croissance à l'international), de BFI (bonne résistance et absence de provisionnement massif), et sur leur solvabilité (pas d'augmentation de capital en perspective). Dans ce contexte de normalisation, la sanction du titre Dexia suite à sa décision de renflouer sa filiale FSA à hauteur de 300 M€ montre que le risque de recapitalisation (perçu comme élevé chez Dexia) reste un biais majeur de discrimination au sein de l'univers des Banques & Assurances. Les résultats encourageants d'AXA ont rassuré le marché échaudé par les déboires d'AIG et d'Allianz (dont le profit warning s'explique certes en partie par les difficultés de sa filiale bancaire Dresdner Bank) et montrent qu'il est toujours difficile d'extrapoler les performances au sein d'un même secteur ou entre les zones géographiques (voir les résultats décevants d'Aegon aux Pays-Bas).
Deux autres faits marquants ont contribué à rassurer le marché cette semaine : la décision de la Fed puis de la BCE de maintenir leurs taux directeurs inchangés ainsi que le repli des cours du pétrole qui a contribué au rebond d'Air France KLM (les résultats supérieurs aux attentes ont aussi servi de catalyseur) et de certaines valeurs cycliques (notamment dans le secteur automobile) et qui a pénalisé les valeurs pétrolières (Total) et parapétrolières (Vallourec). A noter, enfin, que le renforcement du dollar vis-à -vis de l'euro, s'il se confirme, devrait soulager les entreprises récemment pénalisées par l'évolution défavorable du taux de change € / $.
ETATS-UNIS
Les principaux indices américains ont progressé de +0,5% pour le S&P 500 et de +1,9% pour le Nasdaq au cours des cinq dernières séances. Sans surprise, la Réserve Fédérale a opté pour le statu quo, laissant son principal taux directeur inchangé à 2%. En effet, les risques inflationnistes sont élevés et demeurent une préoccupation majeure ; de plus, la Fed a averti que les conditions de crédits restrictives, la poursuite de la contraction de l'immobilier et les prix élevés de l'énergie devraient peser sur la croissance au cours des prochains trimestres. Le secteur de la technologie a été tiré par les résultats de Cisco qui affiche une bonne tenue de ses marges et un carnet de commandes solide porté par les marchés émergents et un rebond des commandes des entreprises aux Etats-Unis. Le repli du pétrole de 4%, sous la barre des 120 $, et la publication de résultats de bonne facture (Procter&Gamble, Ralph Lauren) soutiennent le secteur de la consommation, en hausse de 1,8%. En revanche, les financières sont pénalisées par les résultats de Freddie Mac (provision pour perte de crédit de 2,5 Mds $) et de l'assureur AIG (pertes pour dépréciations d'actifs de 11 Mds $) et reculent de -1,9%.
ASIE
Le contexte en Asie serait-il en voie de s'améliorer ? L'indice MSCI Asie hors Japon qui termine la semaine en baisse en raison, essentiellement, de la faiblesse des marchés chinois ne semble pas l'indiquer. Pourtant, les marchés montrent des signes de plus en plus sérieux de retournement, et ce, pour le meilleur. A commencer par la baisse significative du prix du baril de pétrole qui a pesé sur la balance des paiements de l'ensemble de nos marchés ces derniers mois. Cette baisse de prix se vérifie aussi pour les autres matières premières, notamment le charbon et les denrées comestibles qui ont fortement pénalisé les sociétés et les consommateurs. Ces inflexions nettes indiquent une sortie probable de la spirale inflationniste d'ici au 4e trimestre. Cela signifie donc que les récentes hausses de taux, en Inde, à Taïwan et en Corée notamment, devraient être parmi les dernières et que des politiques de soutien de la croissance vont progressivement être mises en place. La lutte contre l'inflation n'est pas complètement gagnée mais plusieurs économies voient déjà leur situation s'améliorer considérablement. C'est le cas de l'Inde, de la Corée, des Philippines, de Singapour, de la Thaïlande et du Vietnam. Pour la Chine, la situation reste quelque peu biaisée en raison du contrôle des prix exercé mais la direction prise est favorable.
Autre bonne nouvelle, l'Euro commence à décrocher significativement contre l'USD et donc contre la plupart des devises asiatiques. Cela favorise les placements dans la région sur les mois à venir.
CHINE
Malgré la tenue des Jeux Olympiques, les marchés domestiques et de Hong Kong sont en baisse cette semaine. Le marché des actions A, notamment, a atteint son plus bas sur 1 an glissant. Aucune nouvelle économique importante n'a été publiée cette semaine. Les entreprises hongkongaises continuent de publier leurs résultats qui sont meilleurs qu'attendu. Notre surpondération sur les valeurs pétrochimiques et du secteur des services publics porte ses fruits. Globalement, le marché offre de belles opportunités pour les investisseurs qui visent le long terme.
INDE
Le marché indien a progressé de plus de 20% (en Roupie) depuis son plus bas le 16 juillet dernier. Cette belle progression est due à 3 principaux facteurs :
1. la correction du prix du pétrole soulage le déficit commercial indien (virtuellement d'environ 20 Mds $ US correspondant à une baisse du pétrole de 147 à 118 $ / bbl).
2. l'inflation stagne, ne progressant que de 0,12% sur le mois (pour terminer aujourd'hui à 12,01%), ce qui est meilleur qu'anticipé. Rappelons qu'entre avril et juin l'inflation connaissait un rythme de croissance hebdomadaire d'environ 0,4%.
3. les résultats des sociétés ont été plutôt bons. Si l'on ne tient pas compte des éléments exceptionnels (principalement des pertes de change), la croissance des résultats des sociétés du Sensex est de 25% (contre 12% en réalité en tenant compte des profits / gains exceptionnels), ce qui est remarquable dans cet environnement.
Malgré ce fort rebond, nous pensons qu'il n'est pas encore trop tard pour revenir sur le marché indien sur un horizon 6 à 12 mois car :
· au moins 3% de la hausse de l'inflation est due à un effet de base défavorable ;
· la stabilisation, voire la baisse des matières premières devrait calmer l'inflation, en particulier sur les biens d'équipement importés ;
· si le pétrole ne rebondit pas au-delà des 140 $ / bbl, on pourrait alors voir une appréciation de la Roupie, ce qui, là encore, calmerait l'inflation.
Dans ce contexte, il est fort probable que la Reserve Bank of India mette fin à sa politique monétaire restrictive.
BRESIL
Les jeux domestiques ont affiché la meilleure performance sur la semaine. Les résultats du 2e trimestre des banques sont bons. Les crédits ont augmenté de 25% depuis l'année dernière et le niveau des créances douteuses s'est amélioré. L'inflation est inférieure aux prévisions du consensus en raison d'une baisse des prix des denrées alimentaires. Néanmoins, le marché continue à être préoccupé par le ralentissement de l'économie globale. Le « PMI » chinois (l'indice d'intention d'achat des sociétés) est tombé à 48,4 en juillet, son plus bas niveau depuis 2005, ce qui impacté les prix des matières premières et de l'acier. Même la publication de résultats meilleurs qu'attendu n'a pas été suffisant pour freiner la chute du marché. Une inflation inférieure aux attentes pourrait éventuellement offrir un peu de répit. Sur la semaine, nous avons réduit notre sous-pondération sur les valeurs pétrolières et avons augmenté nos positions dans le secteur de la consommation de base. La semaine prochaine, Petrobras et les sociétés du secteur de l'acier publieront leurs résultats du 2ème trimestre. Le marché se traite à 10,8x les bénéfices, ce qui est en ligne avec la moyenne des trois dernières années malgré une nette amélioration de la situation.
ALLOCATION D'ACTIFS
Pas de modification par rapport à la semaine dernière.