| Point hebdomadaire sur les marchés du 30 août 2008 |
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Deux nouvelles aux Etats-Unis sont venues rappeler que si l’économie reste confrontĂ©e Ă de multiples difficultĂ©s, elle conserve une certaine vigueur. Après l’annonce de chiffres meilleurs qu’attendu sur les commandes de biens durables (+0,7%, hors transport), le chiffre rĂ©visĂ© du PIB pour le second trimestre (+3,3% en variation trimestrielle annualisĂ©e, 2,2% en glissement annuel) a surpris avec une contribution du commerce extĂ©rieur particulièrement remarquable. Par ailleurs, les chiffres sur l’immobilier confirment la stabilisation des ventes (maisons neuves et maisons existantes) et la rĂ©duction rĂ©gulière des stocks pour les maisons neuves. Les indices de prix (S&P/Case Shiller) tĂ©moignent d’un ralentissement de leur baisse en gĂ©nĂ©ral (-15,9% en glissement annuel sur la base du second trimestre) et d’un dĂ©but de redressement dans certaines zone urbaines (Boston et Denver par exemple). En Europe, on notera que la probabilitĂ© que l’inflation soit sur le point de passer son pic a Ă©tĂ© renforcĂ©e par l’annonce de l’indice des prix allemands : 3,3% en aoĂ»t en rythme annuel contre 3,5% pour le mois prĂ©cĂ©dent. La BCE restera toutefois attentive Ă l’évolution de l’indice hors alimentation et Ă©nergie qui progressera encore au cours des prochains mois.   EUROPE Les bonnes nouvelles macroĂ©conomiques en provenance des Etats-Unis ont permis aux marchĂ©s europĂ©ens d'enregistrer un beau rebond cette semaine, dans un climat de relatif retour à la confiance. La stabilisation des prix du pĂ©trole et du secteur bancaire amĂ©ricain ont Ă©tĂ© les principaux moteurs de ce mouvement. En Europe, la principale dĂ©ception Ă©mane de l'assureur Swiss Life dont les rĂ©sultats ont Ă©tĂ© très affectĂ©s par la baisse des marchĂ©s et qui ne pourra pas tenir ses objectifs annuels. Les rĂ©sultats historiques de Rio Tinto au premier semestre (Ebitda en hausse de 150% pour la division minerai de fer) n'ont pas provoquĂ© de forte rĂ©action positive du titre dans la mesure oĂą les investisseurs s'attendent dĂ©sormais Ă un ralentissement du cycle. La chute de la livre face au dollar depuis quelques semaines a favorisĂ© les valeurs exportatrices anglaises et certains secteurs ont enregistrĂ© Ă cette occasion des performances remarquables (dĂ©fense, pharmacie, biens d'Ă©quipement, services informatiques).  FRANCE Avec le soutien d’une activitĂ© amĂ©ricaine plus forte que prĂ©vue au 2ème trimestre et d’un soulagement sur les rĂ©sultats du CrĂ©dit Agricole, le marchĂ© parisien a fortement rebondi en fin de semaine : les valeurs dollar (Alcatel-Lucent avec la spĂ©culation d’un nouveau management, EADS et STMicroelectronics, …) et le secteur bancaire ont dominĂ© ce rally. La publication des rĂ©sultats du CrĂ©dit Agricole a rassurĂ© le marchĂ© moins sur son activitĂ© que sur son exposition au risque de provision. L’accord avec les rehausseurs de crĂ©dit amĂ©ricains marque la fin probable des craintes sur les papiers toxiques. Par effet de contagion, l’ensemble du secteur a bĂ©nĂ©ficiĂ© du sentiment que l’essentiel des provisions est dĂ©sormais actĂ© et que les craintes sur le capital sont donc probablement derrière nous. La dĂ©gradation de l’environnement de consommation continue de peser sur les distributeurs : les rĂ©sultats de Carrefour et dans une moindre mesure de Casino affichent sans surprise des baisses de marge sur la France. Les perspectives de croissance de L’OrĂ©al sont en rupture avec les forts taux de progression dĂ©livrĂ©s rĂ©gulièrement ces dernières annĂ©es. Enfin, de nombreux groupes reconnaissent leur difficultĂ© dans un contexte de moindre croissance de leur activitĂ© Ă amortir la hausse des coĂ»ts matière mais Ă©galement des produits semi-finis.  ETATS-UNIS Les indices amĂ©ricains continuent d’évoluer dans un trading range relativement Ă©troit, dans l’attente d’un plan de sauvetage des agences gouvernementales Freddie Mac et Fannie Mae. Les indicateurs Ă©conomiques s’amĂ©liorent sensiblement et ont surpris positivement le marché : la croissance du PIB au deuxième trimestre est de 3.3% soutenu par les exportations (+13%) et la consommation, les commandes de biens durables progressent de 1.3%, et la confiance des consommateurs s’est nettement redressĂ©e. Du cotĂ© de l’immobilier, les derniers chiffres publiĂ©s marquent une stabilisation sur les prix et les ventes de maisons neuves. Le marchĂ© reste dominĂ© par l’évolution du prix du pĂ©trole. L’ouragan Gustav pourrait se diriger vers les installations pĂ©trolières du golfe du Mexique et peser Ă court terme sur le prix du baril mĂŞme si les stocks sont rassurants sur le niveau de l’offre. Â
ASIE Les marchĂ©s asiatiques ont poursuivi leur correction en aoĂ»t, menant Ă des niveaux de valorisation extrĂŞmement intĂ©ressants, Ă 10.5x les bĂ©nĂ©fices. La baisse des prix des matières premières et de l'Ă©nergie forment par ailleurs un contexte favorable pour l'ensemble de l'Asie. En tĂ©moigne le mouvement de ralentissement de l'inflation entamĂ© en Inde, soutenant notre renforcement sur les financières indiennes, premières bĂ©nĂ©ficiaires de ce retournement, et non exposĂ©es aux problèmes de l’immobilier amĂ©ricain. Â
CHINE Après la sortie de la plupart des semestriels, il est bon de faire un point sur la croissance bĂ©nĂ©ficiaire. En cumulĂ©, les bĂ©nĂ©fices du premier semestre ont augmentĂ© d’environ 19%. Le secteur bancaire a le plus contribuĂ© avec une croissance de 76%, tandis que le secteur pĂ©trolier subissait une baisse de 48%, due aux pertes dans les activitĂ©s de raffinage. Ailleurs, les utilities (principalement les producteurs d’électricitĂ© indĂ©pendants) ont enregistrĂ© une baisse de 91% de leurs profits, mais leur contribution reste faible. Si l’on retire les secteurs bancaires et pĂ©troliers, les bĂ©nĂ©fices des entreprises ont augmentĂ© de 26% lors du premier semestre 2008. Globalement, la croissance des bĂ©nĂ©fices au premier semestre est moins mauvaise que redoutĂ©, mais les perspectives du second semestre laissent peu de place Ă l’autosatisfaction. D’un point de vue macroĂ©conomique, des signes grandissants montrent que le gouvernement envisage de mener une politique plus orientĂ©e sur la croissance (aux dĂ©pens de l'inflation). Aussi, nous surpondĂ©rons actuellement le secteur de la pĂ©trochimie et des producteurs d’électricitĂ© indĂ©pendants.   Les titres chinois cotĂ©s Ă Â Hong Kong continuent de consolider et certaines valeurs commencent Ă ĂŞtre très sous-Ă©valuĂ©es. L’indice des actions H se traite aujourd’hui Ă 14x les bĂ©nĂ©fices 2007 et 13x les bĂ©nĂ©fices anticipĂ©s, sous sa moyenne historique de 15x. A Shanghai, les actions A se traitent actuellement Ă un PE historique de 18x et un PE estimĂ© de 15x, alors que depuis la crise financière de 1997, l’indice composite de Shanghai se traite en moyenne Ă un PE de 36x. C’est actuellement aussi peu cher qu’à la mi-2005. Â
INDE Comme prĂ©vu, nous assistons Ă un atterrissage en douceur de l’économie indienne, en croissance de 7,9% sur le 1er trimestre de l’annĂ©e fiscale 2009 (contre 8,8% l’annĂ©e dernière sur la mĂŞme pĂ©riode) et Ă un dĂ©but de stabilisation de l’inflation Ă 12,4% (contre 12,8% attendu). Ces bonnes nouvelles Ă©conomiques accompagnĂ©es par une baisse des cours du pĂ©trole expliquent la stabilisation du marchĂ© au mois d’aoĂ»t après un très bon mois de juillet. Â
BRESIL La publication de très bons chiffres concernant l’activitĂ© brĂ©silienne a fait repartir Ă la hausse les secteurs domestiques de la cĂ´te. La croissance des prĂŞts reste très forte en juillet : +33% (sans augmentation des crĂ©ances douteuses), l’inflation montre des signes de flĂ©chissement. Face Ă ces chiffres, la Banque Centrale ne devrait pas inflĂ©chir sa politique monĂ©taire, du moins tant que l’inflation n'est pas revenue en deçà des 4,5%. En revanche, les taux longs ont dĂ©jĂ montrĂ© des signes de faiblesse, passant de 15,68% Ă 14,27%. Tout ceci augure bien pour la croissance Ă©conomique du pays, qui devrait approcher les 4,5% en 2008. Les sociĂ©tĂ©s brĂ©siliennes ont publiĂ© leurs rĂ©sultats du deuxième trimestre : la moitiĂ© des sociĂ©tĂ©s a devancĂ© les attentes des analystes, 20% ont publiĂ© en ligne, 29% ont déçu. Le prix/bĂ©nĂ©fices du marchĂ© est de 10,3x 2008 et 8,5x 2009 ce qui est bien plus bas que 10,8x, la moyenne des derniers 5 ans. Est attendu une croissance bĂ©nĂ©ficiaire de 16% et 20% en 2008 et 2009. De ce fait, nous restons positifs sur le BrĂ©sil. Nous avons renforcĂ© notre position en minerai de fer, infrastructure et nous avons rĂ©duit Ă©nergie et services publics. Â
JAPON Les craintes sur la croissance mondiale ont impacté négativement la bourse japonaise qui perd près de 4% en JPY au cours du mois d’août, baisse compensée en Euro par la forte remontée du Yen face à la monnaie unique. Au niveau économique, les dernières nouvelles sont un peu meilleures : +2% pour la production industrielle en juillet (après la stagnation en juin), +8% pour les exportations dont le 1er marché est devenu la Chine (juste devant les USA), +1,9% pour les ventes de détails (12ème mois consécutif de hausse). En revanche, le secteur de l’immobilier reste difficile avec la faillite de Sokhen Homes. Au niveau des entreprises, il convient de mentionner la révision à la hausse par Nintendo de ses perspectives bénéficiaires (+26%), ce qui pousse le titre de plus de 8% vendredi dernier. Actuellement, le Topix traite à 1254, environ 5% plus élevé que son support technique. Le risque de baisse supplémentaire semble limité.
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