| Savoir raison garder |
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Vous êtes nombreux à  me joindre ces derniers jours pour obtenir des informations et précisions sur l'actualité de la crise bancaire et ses répercutions. Comment ne pas comprendre en effet l’inquiétude qui étreint les épargnants aujourd’hui ? Ne s’est-on pas échiné à  leur expliquer, communiqués après communiqués, que la situation des banques européennes n’était en rien comparable à celle de leurs homologues américaines ? Or ils découvrent, stupéfaits, que des établissements comme Fortis et Dexian’ont d’autre recours que l’argent public pour assurer leur sauvegarde. Pour autant, peut-on imaginer un instant que toutes les autorités de tutelle concernées n’aient pas pris la mesure de l’enjeu et ne soient pas disposées à déployer tous les moyens nécessaires pour préserver la viabilité du système ? Nous ne pouvons pas le croire. Aussi, fusse au prix d’un raclage en règle de tous les fonds de tiroir, d’un endettement pharaonique des plus déraisonnables ou d’une exploration prospective des planètes mars et vénus, les sommes nécessaires à la survie du système financier seront trouvées et mobilisées. Alors, et alors seulement, on pourra envisager une sortie de crise. Bien sûr, les banques ne se retrouveront pas illico en capacité d’ouvrir de nouveau les vannes en grand et d’abreuver jusqu’à plus soif les agents économiques, comme elles l’ont fait inconsidérément au cours des années passées. Mais du moins seront-elles encore là pour assister à la convalescence d’une économie mondiale dont l’état de santé actuel donne bien des préoccupations. Vous l’aurez compris. Le sauvetage du système financier ne signifie pas la fin immédiate, comme par enchantement, des difficultés économiques. Celles-ci ne font au contraire que commencer. Mais du moins, une fois cette épée de Damoclès (l’implosion du système financier) écartée, les marchés vont se retrouver confrontés à une situation plus conventionnelle : la récession. La récession, c’est anxiogène, à juste titre. Ses conséquences sur le plan humain sont bien souvent dévastatrices (le chômage notamment). Mais la récession est un phénomène connu et classique, dont la durée est fluctuante mais limitée dans le temps, et qui survient après un cycle d’expansion plus ou moins long. Une récession constitue généralement l’antichambre d’une reprise économique à venir. Rien de commun, donc, entre la perspective de concrétisation d’un risque systémique (autrement dit, la «fin du monde»), scénario redouté ces jours-ci par les marchés financiers, et un contexte économique très adverse (la récession), dont l’histoire a montré qu’on parvenait toujours à en sortir. Jean-Daniel Jacquis
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