| Crise financière : quand allons-nous en sortir ? |
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Plein de chiffres, de statistiques et de repères plus extraordinaires les uns que les autres pour nous faire comprendre depuis quelques semaines que le monde va mal : selon le National Bureau of Economic Research (NBER), l'Amérique est entrée "officiellement" en récession depuis le mois de décembre 2007 ! Ouf, on aurait pu croire que ça venait juste de commencer... Mais au fond, à quoi ça sert de savoir tout ça ? Qui doute encore que la crise financière a envahi l'économie mondiale ? Depuis le mois d'octobre, une seule question est importante, et c'est d'ailleurs celle que vous me posez directement le plus souvent lors de nos entrevues ou par téléphone : quand allons-nous sortir de cette tourmente ? Après avoir sous-estimé l'ampleur de cette crise, il serait bien présomptueux de prévoir et d'affirmer le calendrier de la sortie. En revanche, nous pouvons affirmer que les moyens mis en oeuvre par les autorités (banques centrales, Etats, marchés) vont permettre d'en sortir dans les mois qui viennent, et non pas dans plusieurs années, comme on ne cesse de l'entendre de la part de ceux qui n'ont rien vu venir ! Pendant ces périodes de crise, la psychologie négative s'installe dans les esprits des investisseurs et toutes les catastrophes semblent possibles même si elles n'arrivent pas : les dettes ne sont plus remboursables, les consommateurs ne consommeront plus et le monde ne sera plus jamais comme avant... Refrain habituel que nous entendons à chaque reprise; comme par exemple lors de la crise de 2001/2002. La dictature de l'instant est toujours mauvaise conseillère. L'évidence aujourd'hui est aussi négative que l'évidence précédente était euphorique. Par exemple, l'abscence de transaction sur les marchés obligataires est aussi ridicule que l'euphorie qui y régnait il y a 18 mois lorsque "l'océan de liquidités" ne semblait jamais pouvoir s'assécher. "L'océan de liquidités" n'a en fait jamais existé et il n'a donc pas disparu ! La déflation mondiale n'aura pas lieu et les excès de levier financiers se corrigent de façon d'autant plus excessive que l'intoxication a été grande. Mais au bout du compte, ce n'est pas parce que le sevrage est difficile et que la cure de désintoxication est pénible que l'économie a disparue. Il n'y a qu'un seul repère sur les marchés : La valeur des actifs dépend toujours étroitement de la croissance des bénéfices, du niveau de taux d'intérêt et...de la confiance des investisseurs dans leur futur. Si la croissance des bénéfices est faible à court terme, aucun doute que la fin de la peur et le retour de la confiance permettront un effet de levier sur le prix des actifs bien supérieur à celui du crédit. Bien à vous,  Jean-Daniel Jacquis- PREVALENCE - Dec. 2008   |





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