| Marchés financiers - Quelles perspectives pour le premier semestre 2009 ? |
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Plus de 16%. C'est l'ampleur des pertes déjà enregistrées par les marchés d'actions depuis le début de l'année. Ceci en trois semaines de cotation. Comme on dit chez moi en auvergne, "ça part fort" ! Deux manières de voir les choses : soit on se dit qu'à force de baisser on est plus très loin du plancher; soit on prend acte d'une situation économique inédite depuis l'après-guerre. Dans ce cas, nous rappelant que les marchés d'actions se meuvent toujours très laborieusement en territoire inconnu, la sagesse commande de se tenir à l'écart du tourbillon infernal. Ainsi, tant en 2008 qu'en 2009, le bénéfice moyen attendu sur le S&P est passé d'environ 106 dollars à 73, ce qui signifie une baisse cumulée d'environ 60% des prévisions par rapport à leurs points hauts. Sachant que l'on évoque aujourd'hui un bénéfice moyen autour de 53 cette année sur le S&P, on comprend mieux la nouvelle accélération de l'ajustement baissier. Dans ce contexte, se pose de surcroit la question de la distribution des dividendes : les sociétés qui bénéficient, directement ou indirectement des plans de soutien, doivent-elles rémunérer leurs actionnaires comme elles l'avaient prévu initialement ? Bien entendu, dès lors que le versement du dividende (auquel était conditionné le rendement attendu de l'investissement dans un contexte d'affaiblissement continu de la rémunération des actifs sans risque) n'est plus assuré, l'investissement en actions perd un nouvel argument de poids, dans le contexte macroéconomique critique que l'on traverse. Pour résumer, et sans énumérer toutes les mauvaises nouvelles qui continuent de paraître ces jours-ci, tous les organismes de prévision s'accordent à réviser en baisse leurs anticipations de croissance économique publiées en fin d'année 2008. Cela vaut pour le FMI  (dont les prévisions tablaient sur une contraction de l'activité de 0,5% en Europe, de 0,7% aux Etats-Unis et sur une légère progression de 2,2% de la croissance mondiale) qui devrait de nouveau revoir sa copie. On parle d'une amputation d'un demi point à un point pour l'économie mondiale. L'OCDE évoque d'ores et déjà , pour sa part, une contraction économique globale supérieure à celle de 0,3% prévue en décembre. Enfin, les prévisions de baisse de l'activité globale outre-Rhin cette année oscillent entre 1,5% et 3% selon les différents instituts. Non seulement cela ne s'est jamais vu depuis la seconde guerre mondiale (en temps de paix) mais c'est également et surtout la rapidité des ajustements qui frappe lorsque l'on sait qu'avant l'été dernier, l'idée même d'une recession en Allemagne paraissait encore saugrenue. La commission européenne anticipe désormais une contraction du PIB de 1,8% en 2008 sur l'ensemble de la zone euro. Dans ce contexte de révision permanente des estimations de croissance économique et des bénéfices attendus, on voit mal quel serait l'argument qui ferait modifier le sentiment des investisseurs et donc l'orientation des marchés sur les tous prochains mois. Alors oui, et nombre d'entre vous le soulignent lors de nos entrevues, les actions et obligations privées ont rarement été si bon marché, mais il y a encore trop de risques pour y revenir franchement. L'heure viendra... mais pas maintenant.                    Jean-Daniel Jacquis - PREVALENCE - janvier 2009    |





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