| PROJET DE LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE 2011 - Revue de détail |
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 L’Assemblée nationale a adopté le 14 juin la première mouture du projet de réforme de la fiscalité du patrimoine - Elle est revenue sur certains dispositifs d’optimisation fiscale mais en a paradoxalement consacré d'autres A l’issue d’une semaine de débats, les députés ont entériné la réforme le projet de loi de Finances rectificative pour 2011 et sa mesure phare, la réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF).
A compter de 2012, un nouveau barème, composé de deux tranches - 0,25 % pour un patrimoine compris entre 1,3 million et 3 millions d’euros et 0,5 % au-delà - sera mis en place. Afin d’atténuer les effets de seuils dus à l’application dès le premier euro de ce barème, le projet de loi prévoit cependant un système de décote. Parallèlement, le droit à restitution - ou bouclier fiscal - s’appliquera pour la dernière fois aux revenus de 2010.
En revanche, l’exonération des contrats souscrits par un résident fiscal étranger au moment de la souscription est supprimée. Pour mémoire, le prélèvement de l’article 990 I s’applique aujourd’hui aux sommes dues au titre des contrats dont le souscripteur est une personne physique ayant son domicile fiscal en France au sens de l’article 4 B du CGI à la date de souscription du contrat. Le législateur souhaite désormais imposer le bénéficiaire « dès lors qu’il (le bénéficiaire, NDLR) a, au moment du décès, son domicile fiscal en France (…) et qu’il l’a eu pendant au moins six années au cours des dix années précédant le décès, ou dès lors que l’assuré a, au moment du décès, son domicile fiscal en France (…) ». La taxation de la seule part revenant à l’usufruitier en cas de démembrement de la clause bénéficiaire, telle que rappelée par la réponse Dassault, est également remise en question. En conséquence, il est prévu que le nu-propriétaire et l’usufruitier sont considérés comme bénéficiaires au prorata de la part leur revenant.
Dans le même temps, le gouvernement a déposé un amendement allant à contresens de la mesure précédente. Adoptée par l’Assemblée, il prévoit en effet d’élargir les conditions d’application de l’exonération de droits de mutation à titre gratuit (DMTG) pour les dons de sommes d’argent en pleine propriété, dans la limite de 31.865 euros en 2011, consentis par un contribuable à ses enfants, petits-enfants ou arrière-petits-enfants. Alors que l’exonération ne jouait qu’une seule fois, il sera désormais possible d’en bénéficier tous les dix ans. Par ailleurs, la limite d’âge du donateur a été portée de 65 à 80 ans.
En cas de cession obligatoire des titres dans le cadre du dispositif ISF PME, le montant à réinvestir sera désormais diminué des impôts et taxes générés par la cession. Enfin, les députés ont créé un fonds d’investissement de proximité dans les départements d’outre mer (FIP DOM) en réservant son bénéfice aux seuls domiciliés fiscaux outre-mer. La réduction d’impôt sur le revenu sera de 50 %, comme pour les FIP Corse.
Parmi les nouvelles mesures adoptĂ©es, le dispositif de l’exit tax est Ă©largi en retenant l’ensemble des sociĂ©tĂ©s indĂ©pendamment de leur rĂ©gime d’imposition. Contrairement Ă l’option retenue la semaine dernière par la commission des Finances, l’amendement tendant Ă corriger le critère d’assujettissement Ă l’exit tax intĂ©grant l’ensemble des participations pour l’évaluation du seuil de 1,3 million d’euros est finalement rejetĂ©. Les plus-values rĂ©alisĂ©es en France mais qui bĂ©nĂ©ficient d’un report au moment du transfert du domicile fiscal sont dĂ©sormais concernĂ©es en dĂ©pit d’un avis dĂ©favorable du gouvernement.  Jean-Daniel Jacquis - PrĂ©valence - 17 juin 2011Â
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