| Immobilier : faut-il s'attendre Ă un Krach ? |
Face Ă la flambĂ©e des logements anciens, les Ă©conomistes tirent la sonnette d'alarme. Comme les prix sont surĂ©valuĂ©s, reste Ă savoir quand ils baisseront pour redevenir cohĂ©rents avec les revenus des acquĂ©reurs.« Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel » : chère aux boursiers, cette formule s'applique Ă©galement Ă tous les actifs, y compris l'immobilier rĂ©sidentiel. A Paris, le prix des logements anciens est en train de frĂ´ler le seuil des 8.000 euros du mètre carrĂ©. Dans les mĂ©tropoles rĂ©gionales, les prix de l'immobilier rĂ©sidentiel flambent Ă©galement. Dans sa dernière Ă©tude consacrĂ©e Ă Â "l'Ă©volution des prix des logements en France sur 25 ans", le Centre d'analyse stratĂ©gique fait Ă©tat d'une bulle sur le marchĂ© immobilier français. Pour cet organisme dĂ©pendant du Premier Ministre et succĂ©dant au Commissariat au plan, la hausse des prix, qui s'explique notamment par le renchĂ©rissement du foncier, serait entretenue par les secondo accĂ©dants. Les secondo-accĂ©dants responsables de la hausse des prix ?Se basant sur l'argumentation d'Alain Jacquot, sous-directeur de l'Observation statistique du logement et de la construction, au Ministère de l'Ă©cologie, le CAS remarque que « les propriĂ©taires sont beaucoup moins sensibles Ă la hausse des prix que les accĂ©dants puisqu'ils bĂ©nĂ©ficient, lorsqu'ils se portent acquĂ©reurs d'un nouveau logement, de la plus-values rĂ©alisĂ©e lors de la vente de leur logement prĂ©cĂ©dent ». Pourtant les prix des logements anciens ont davantage augmentĂ© dans les dĂ©partements oĂą l'on dĂ©nombre le moins de rĂ©sidences principales occupĂ©es par leur propriĂ©taire. « Par exemple, dans les Bouches-du-RhĂ´ne et dans les Alpes Maritimes, oĂą l'on compte respectivement 59 % et 45 de propriĂ©taires, les prix ont bondi de 125% entre 2000 et 2009 » signale Jacques Friggit, chargĂ© de mission au Conseil gĂ©nĂ©ral de l'environnement et du dĂ©veloppement durable. En revanche dans un dĂ©partement comme le Territoire de Belfort avec 67 % de propriĂ©taires, les prix n'ont gagnĂ© que 55% pendant cette pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence ». Autre point notable, Jacques Frigitt constate que les prix actuels des logements anciens sur la France entière rapportĂ©s aux revenus dĂ©passent de 80%, le niveau approximativement constant au voisinage duquel ils s'Ă©taient maintenus de 1965 et 2000. Retour vers des prix plus rĂ©alistes ?A la lumière des Ă©volutions passĂ©es, Jacques Frigitt mise Ă plus ou moins longue Ă©chĂ©ance sur un retour Ă des prix nettement plus rĂ©alistes, c'est-Ă -dire, plus en accord avec les revenus des acheteurs. En se basant sur une inflation de 2% et une croissance du PIB de 2,5%, il envisage une Ă©volution encadrĂ©e par un scĂ©nario rapide conduisant Ă une baisse des prix de 40% en cinq Ă huit ans. Dans un scĂ©nario lent, les prix des logements anciens se maintiendraient en monnaie courante pendant vingt ans. Toujours selon cet Ă©conomiste : « Le scĂ©nario rapide est plus probable que le lent ». A la tĂŞte d'Immogroup consulting, Jean Michel Ciuch admet bien l'existence d'une bulle immobilière mais selon lui, celle-ci, gĂ©nĂ©rĂ©e par la diffĂ©rence entre le pouvoir d'achat et le niveau rĂ©el des prix des logements ancien, serait «non spĂ©culative». «Si cette bulle Ă©clate, les prix pourraient relativement rĂ©sister Ă Paris et dans les mĂ©tropoles rĂ©gionales en ne reculant que d'environ 5% prĂ©voit-il. En revanche, les prix baisseraient jusqu'Ă 20% dans les villes moyennes de moins de 80.000 habitants, peu dynamiques sur le plan Ă©conomique, dans les secteurs ruraux et semi-ruraux ». Cette remise Ă niveau des prix pourrait se dĂ©rouler sur une pĂ©riode comprise entre douze et dix-huit mois.  PrĂ©valence - mai 2011Â
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